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Commentaire sur les marchés : variations des rendements obligataires et nouvelles émissions obligataires

août 16, 2019
Mise à jour sur les marchés de capitaux
Andrew Masliwec, analyste, Marchés de capitaux

Salutations au monde hypothécaire!

Les marchés ont piqué du nez au cours des dernières semaines, à un point tel que même votre marcheur de chiens local s’en est probablement rendu compte. Que leur réserve l’avenir à compter de maintenant? Bien, vous devrez lire mon commentaire pour peut-être trouver réponse à cette question...

Taux

C’est toujours utile de rappeler les mouvements des rendements obligataires au cours des dernières semaines. Les rendements obligataires ont beaucoup baissé. L’obligation du gouvernement du Canada de 5 ans affiche un rendement de 1,17 %, tandis que le rendement de l’obligation de 10 ans s’établit à 1,13 %. Oui, vous avez bien lu : l’obligation de 10 ans affiche un rendement plus faible que celle de 5 ans. Par rapport à il y a une semaine, l’obligation de 5 ans a perdu 9 points de base et celle de 10 ans, 14 points de base. Voici une comparaison encore plus étonnante : il y a un an, les rendements des obligations de 5 ans et de 10 ans étaient de 2,19 % et de 2,27 % respectivement. C’est toute une baisse sur douze mois.

La courbe de crédit s’est également déplacée vers le bas cette semaine. L’OHC de 5 ans rapporte actuellement 1,49 % et celle de 10 ans, 1,54 %. C’est la courbe la plus plane de l’histoire récente en ce qui concerne les OHC. Permettez-moi de réitérer ce que notre commentateur anonyme bien versé et amateur de tennis a affirmé la semaine dernière : la planéité de la courbe de rendement a généré une demande exceptionnelle pour les obligations hypothécaires de 10 ans. Vu que la demande est si élevée et que l’offre du marché d’obligations de 10 ans est si faible, First National, en sa qualité de chef de file de l’industrie, offre des produits commerciaux de 15 ans et de 20 ans vous permettant de bloquer des taux historiquement faibles à long terme. Dépêchez-vous, car ça va partir rapidement!

Comme mentionné précédemment, vu l’écart négatif entre les obligations du GdC de 5 ans et de 10 ans, l’inversion de la courbe de rendement a fait beaucoup parler cette semaine. Des experts dans divers domaines, dont la plupart ne le sont pas en matière d’économie ou de courbes de rendement, ont raillé : « La courbe de rendement est inversée, une récession est imminente! » Est-ce qu’une récession s’en vient? Je n’ai aucune idée. Je ne suis pas un expert des récessions. Voici donc un « mème » qui résume le savoir collectif sur l’inversion de la courbe de rendement et ses effets :

Commentary - August 16

Ce que je peux affirmer sans me tromper est que, oui, la courbe de rendement s’est inversée au Canada. À l’heure actuelle, l’obligation du GdC de 30 ans affiche un rendement inférieur à l’obligation du GdC de 1 an, ce qui signifie que vous aurez droit à un rendement inférieur si vous gardez votre obligation sur 30 ans que sur une seule année. L’écart 1-30 ne veut toutefois pas vouloir dire grand-chose au Canada. Cependant, l’écart 2-30 en dit plus long. En ce moment, l’écart 2-30 est d’exactement 1 point de base, l’obligation de 2 ans affichant un rendement de 1,325 % et celle de 30 ans, de 1,335 %. Qu’arrive-t-il lorsque l’écart devient négatif ou « s’inverse »? Je ne le sais pas, je n’ai pas pu trouver un autre mème pour illustrer ça… Mais voici une statistique intéressante : selon Bloomberg, à l’échelle planétaire, la dette à rendement négatif en souffrance totalise quelque 14 billions de dollars.

Émissions obligataires

Cette semaine n’a pas été de tout repos dans les marchés du crédit et d’actions Néanmoins, il y a eu émission d’OHC de 10 ans et, toutes choses considérées, ça s’est passé relativement bien. L’OHC de 10 ans a été réémise à hauteur de 2,25 milliards de dollars, ce qui augmente le total en circulation à 4,5 milliards de dollars. Le prix de l’OHC est fixé à +41,5 points de base par rapport à l’obligation du GdC de 10 ans, ce qui représente 4,5 points de base de moins que la première émission et seulement 0,5 point de base de plus que l’émission d’obligations de 10 ans en août 2018. Et le marché avait vraiment besoin de cette émission. Étant donné que le titre n’avait été émis initialement qu’à hauteur de 2,25 milliards de dollars, il est pratiquement impossible d’emprunter ou de régler cette obligation dans le marché obligataire. Ce n’est pas une situation agréable sur le plan des ventes nettes.

Aussi, lundi, nous avons eu droit à une transaction immobilière dans les marchés obligataires : la SPI Crombie a émis un billet de cote BBB arrivant à échéance dans 7 ans. Il s’agissait d’une émission de 200 millions de dollars affichant un écart de +247 au-dessus de la courbe interpolée sur 7 ans. Comparez cette émission à celle de la SPI RioCan la semaine dernière : 500 millions de dollars, billet de cote BBB rachetable après 5,5 ans, prix de +143 par rapport à l’obligation 06/25 du gouvernement du Canada. Enfin, les transactions immobilières ne se sont pas réalisées au prix de la SPI Allied de 300 millions de dollars pour un billet de cote BBB de 10 ans le 6 août. Le prix a été fixé à +215 points de base au-dessus de la courbe des obligations du gouvernement du Canada. Que savent-ils que nous ne savons pas? Bien, si le besoin de refinancer et la base d’investisseurs sont là, à des taux aussi bas, le moment est tout désigné d’être un émetteur ou un débiteur hypothécaire pour mettre la main sur du financement bon marché!

Donc, à quoi peut-on attribuer tout ce chaos dans les marchés au cours des deux dernières semaines? À bien des choses :

  • À l’imposition de barrières tarifaires sur la Chine, puis à la suspension d’une partie de ces barrières pour ne pas nuire aux achats de cadeaux de Noël
  • En Argentine, les élections ont fait craindre que le pays ne parvienne plus à honorer les remboursements de sa dette souveraine
  • Aux manifestations à Hong Kong
  • Règle générale, aux tensions mondiales et à une mentalité anti-risques
  • Au changement apporté par la chaîne de restaurants McDonald à son Big Mac

Je peux attester du dernier point. C’est vrai que McDonald a changé son Big Mac Le pain du dessus est 3 mm plus petit et celui du bas, 3 mm plus grand. Le tout est globalement plus facile à mâcher. Au total, 10 millilitres de sauce Mac ont été ajoutés et les oignons sont désormais placés sur la boulette pendant qu’elle est encore sur le gril. De quoi bouleverser le marché, si vous me demandez mon avis.

Alors la question qui s’impose est la suivante : est-ce que c’est bon?

Encore mieux que ce qu’on peut acheter chez Tim Hortons.

À la prochaine!

Andrew Masliwec

 

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