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Examen du marché obligataire et du budget fédéral

mars 22, 2019
Mise à jour sur les marchés de capitaux
Andrew Masliwec, Analyst, Capital Markets

Bonjour,

Si vous avez lu mon dernier commentaire, vous savez alors que le printemps est enfin arrivé. Savez-vous ce qu’annonce également le printemps? La saison des impôts. Très loin de moi de me prétendre un expert des impôts, mais je suis assez habile pour calculer la valeur actuelle. Alors, voici ce que vous devez savoir en ce qui concerne la saison des impôts 2019 : un dollar aujourd’hui vaut plus qu’un dollar demain. À moins que vos dollars d’aujourd’hui ne servent qu’à vous acheter des billets pour assister à Shen Yun 2019. « C’est inoubliable, inoubliable! » selon ce que j’ai pu lire dans les dépliants et les annonces dans le métro entre autres.

Parlant d’impôts, Justin Trudeau a déposé le dernier budget de son premier – ou dernier – mandat de premier ministre. Au cas où vous ne le sauriez pas, des élections se tiendront en octobre prochain. Dans l’ensemble, de nombreux observateurs plus à l’affût que moi ont perçu ce budget comme un budget étroitement lié aux vents politiques contraires auxquels fait face le gouvernement. Bien qu’aucune manchette n’ait défrayé la chronique, il y avait néanmoins quelques initiatives axées sur l’engagement de la main-d’œuvre, l’endettement étudiant et les potentiels premiers acheteurs. Inutile de dire que la plupart de ces mesures étaient axées sur une certaine démographie d’électeurs adeptes d’avocats (le fruit, pas le professionnel qui plaide en cour). Remarquablement absent du budget étaient le moindre allégement à court terme pour les entreprises, tout comme le budget n’apporte aucune modification en profondeur au système de taxation. La grande question est à savoir l’impact que cela a sur les taux sous la forme d’une croissance future accrue. Bien, de ce que j’ai pu lire en gros, ce budget aura un impact mineur sur la croissance économique. Ça me sonne pas mal comme le statu quo. Sur le plan fiscal, le déficit devrait rester inchangé par rapport à ce qu’on pouvait lire dans l’énoncé économique de l’automne dernier, soit entre 15 et 20 milliards de dollars.

On aurait probablement intérêt à se concentrer sur les nouvelles mesures d’accessibilité à la propriété annoncées dans ce budget. Le gouvernement a annoncé que la SCHL offrira un incitatif à l’achat d’une première propriété. Ce programme offre un prêt hypothécaire avec participation à la mise de fonds qui varie entre 5 % dans le cas d’une maison existante et 10 % dans le cas d’une construction neuve. Le programme n’est offert qu’aux personnes dont le revenu du ménage est inférieur à 120 000 $ et le montant maximal du prêt hypothécaire est fixé à quatre fois le revenu du ménage. Les experts de l’immobilier et les experts hypothécaires ont isolé quelques aspects négatifs de ce programme, dont le principal est qu’il accroîtra la demande et mènera à une insuffisance de l’offre. Fait intéressant, en vertu de ce nouveau programme, il est possible que l’accession à la propriété devienne moins accessible, car les premiers acheteurs seront admissibles à des prêts hypothécaires d’un montant encore moins élevé que s’ils n’y avaient pas eu recours. Cependant, bien entendu, en vertu du nouveau programme, vos paiements hypothécaires pourraient être moins élevés – ce qui est positif.

Maintenant, pour ce qui est des autres nouvelles de la semaine, il y a eu du mouvement du côté de l’actualité économique et la Fed a rendu une décision concernant son taux directeur. Dès le début de la matinée, nous avons connu les chiffres concernant la croissance mensuelle des ventes au détail au Canada en janvier. Les ventes au détail ont été beaucoup moins élevées que prévu, ayant reculé de -0,3 % sur un mois par rapport à une croissance prévue de +0,4 %. Fait assez intéressant, une fois la vente d’automobiles exclue, le chiffre correspond exactement à la prévision de +0,1 %. Donc, de toute évidence, une bonne partie de la décroissance est attribuable à la vente d’automobiles. Nonobstant, le marché a perçu cette révision à la baisse comme plus marquée que les données relatives à l’IPC et les rendements obligataires ont chuté pendant toute la matinée. Parlant de l’IPC, pour février, le chiffre de croissance est sorti à +0,7 % par rapport à une prévision de +0,6 %. Par conséquent, le chiffre annuel s’établit maintenant à 1,5 %, soit un peu plus que la prévision de 1,4 %. Cette augmentation est surtout attribuable à un effet saisonnier, les prix des vêtements et des chaussures ayant augmenté de 2,8 % sur le mois. La Baie annonce probablement des soldes sur les ensembles d’hiver à l’heure actuelle. Globalement, ce sont les ventes au détail qui ont défrayé la chronique et l’IPC ne change pas grand-chose pour la Banque du Canada jusqu’à nouvel ordre. La semaine prochaine, comme le veut la tradition, il n’y aura qu’une seule annonce majeure au Canada, soit celle concernant le PIB vendredi.

Au sud du 49e parallèle, nous avons eu droit à une annonce majeure mercredi, la Réserve fédérale ayant écarté du revers de la main toute possibilité de nouvelles hausses de taux d’intérêt en 2019. La Fed a décidé de ne pas hausser les taux mercredi, 11 tracés de la médiane indiquant une probabilité nulle d’une hausse de taux cette année. Évidemment, le marché a perçu cette annonce comme conciliante et l’annonce a donc entraîné les rendements obligataires vers le bas. Il est maintenant beaucoup plus probable que la Banque du Canada baisse les taux cette année qu’elle ne les hausse davantage.

Tout cela nous mène là où sont les taux ce matin. À l’heure actuelle, l’obligation du gouvernement du Canada de 5 ans affiche un rendement de 1,49 % et celle de 10 ans, un rendement de 1,59 %. Dans les deux cas, c’est environ 10 points de base de moins qu’il y a une semaine. Vous noterez que notre taux à un jour est actuellement fixé à 1,75 %. Les taux des titres de 5 ans et de 10 ans sont moins donc moins élevés que le taux à un jour. En fait, signe que les investisseurs s’attendent à ce que la BdC baisse les taux plutôt que les hausser, les investisseurs devront être prêts à prêter sur une période d’environ 14 ans s’ils veulent obtenir un rendement qui correspond au taux cible de 1,75 %. Les obligations du gouvernement du Canada arrivant à échéance en 2033 affichent actuellement un rendement de 1,73 %. Pour mettre l’actuelle courbe de rendement en perspective, il ne reste plus que six émissions d’obligations en circulation de la Banque du Canada dont le rendement affiché est supérieur au taux à un jour. Pour ce qui est de la courbe de crédit, les OHC ont aussi enregistré des rendements similaires : 1,86 % sur 5 ans et 2,05 % sur 10 ans. C’est un resserrement de 10 points de base par rapport à vendredi dernier.

Enfin, pour la première fois depuis 2007, le bon du Trésor américain de 3 mois affichait un rendement plus élevé que le bon du Trésor de 10 ans ce matin. Qu’est-ce que tout cela veut dire? Bien, vous devrez lire nos prochains commentaires pour le savoir.

Passez un bon week-end.

Andrew

 

 

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