Commentaire sur les marchés – 1 avril 2016

1 avr. 2016

Bon matin.

Les taux ont bondi et rebondi passablement cette semaine. Les rendements des obligations du GdC sur cinq ans ont commencé la semaine lundi à 0,75 %, ont clôturé la journée de mardi à 0,64 % et ont depuis remonté à 0,70 %. Quant aux rendements des obligations du GdC sur dix ans, ils ont commencé la semaine lundi à 1,30 %, ont clôturé la journée de mardi à 1,17 % et ont depuis remonté à 1,26 %.

Suivons la balle bondissante et voyons voir ce qui s’est produit en cours de route :

Lundi : Les données sur les revenus et les dépenses des ménages américains en février ont été inférieures aux attentes et les révisions du mois précédent ont pratiquement éliminé les gains enregistrés en janvier. Aussi, les indicateurs de l’inflation publiés dans le rapport ont été inférieurs aux prévisions, ce qui laisse entrevoir que la Fed décide de ne pas hausser les taux lors de sa réunion d’avril. À l’annonce de la nouvelle, les cours obligataires ont augmenté tandis que les rendements ont baissé. La probabilité implicite que la Fed décrète une hausse de taux le 27 avril est donc de 0 %.

Mardi : Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine, a alimenté la progression des marchés obligataires par ses commentaires « conciliants » durant un discours prononcé devant l’Economic Club of New York. Plus précisément, elle a affirmé qu’il fallait se montrer très prudent avant de hausser les taux et que la Fed disposait d’une marge de manœuvre considérable pour stimuler l’économie[TSF1] . C’est le même vieux récit d’une économie mondiale incertaine et ses pressions à la baisse qu’elle exerce sur la croissance aux États-Unis. Rappelez-vous qu’une approche « conciliante » est une approche moins axée sur l’inflation et axée davantage sur la croissance économique. Une banque centrale « conciliante » sera heureuse de maintenir une politique monétaire accommodante, se traduisant par des taux plus faibles et des cours plus élevés (des conditions optimistes pour les obligations). La logique est étourdissante.

Mercredi : Les obligations ont rendu en majeure partie les gains réalisés la veille après qu’un rapport de l’ADP Research Institute a indiqué qu’il s’était créé plus d’emplois aux États-Unis en mars que prévu. Cette nouvelle a pu refroidir certains opérateurs à l’approche du dévoilement des données sur les emplois non agricoles vendredi. Sur le front des écarts des nouvelles émissions, BMO a procédé à l’émission en deux tranches de billets de dépôt de premier rang, dont 1,5 G$ en billets à taux fixe sur cinq ans. L’émission a été lancée à 125+ GdC et a fini à 123+ GdC grâce à des appuis considérables. Les écarts ont été généralement plus serrés cette semaine.

Jeudi : En janvier au Canada, le PIB réel a augmenté de 0,6 %, soit du double de ce qui avait été prévu (0,3 %). Certains économistes prédisent maintenant une croissance d’entre 2,5 % et 3,0 % au premier trimestre. C’est bien plus que la prévision de 1,0 % de la Banque du Canada. Par conséquent, il y a eu vente massive d’obligations et les rendements sont à la hausse. La BdC devrait donc rester sur la touche jusqu’à nouvel ordre. La probabilité implicite que la BdC décrète une baisse de taux le 13 avril n’est que de 5 %.

Vendredi : Aux États-Unis, sur le plan de la création d’emplois non agricoles, il s’est créé 215 000 emplois, soit plus que les 205 000 prévus. Le taux de chômage a augmenté de 4,9 % à 5,0 %, mais cette hausse s’explique principalement par une augmentation du nombre de personnes à la recherche active d’un emploi. Donc, rien de vraiment surprenant dans l’ensemble. Par conséquent, les cours obligataires ont baissé et les rendements obligataires ont augmenté.

Pour terminer la semaine sur une note déprimante, étant donné que les Sénateurs d’Ottawa ont été mathématiquement éliminés des séries mercredi soir, aucune des sept équipes canadiennes ne participera aux séries de la Coupe Stanley cette année. J’aimerais bien pouvoir vous dire que c’est un poisson d’avril, mais ce n’est pas le cas. En ces temps difficiles, il m’arrive souvent de penser aux sages paroles du philosophie zen Basha : « Une flûte sans trous n’est pas une flûte. Un beigne sans trou est une danoise. » Pensez-y un instant.

Gunga Galunga

Le gars de la trésorerie

Jason Ellis
Directeur général, Marchés de capitaux