La Banque du Canada relève son taux directeur lors de sa réunion d’octobre

  • First National Financial LP

Pour la première fois depuis 2023, la banque centrale du Canada a décidé de relever son taux directeur en réaction à l’évolution des données économiques.

Son taux passe ainsi de 2,25 % à 2,50 %. Pour comprendre le raisonnement ayant mené la Banque à prendre cette décision, nous résumons ci-dessous ses observations et ses perspectives en date de ce 28 octobre 2026.

Inflation

  • Vu le maintien des prix du pétrole à un niveau élevé, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) avoisine 3 % depuis avril et devrait monter à environ 3,5 % d’ici la fin de l’année
  • Si on exclut l’essence, l’inflation s’est établie à 2,2 % en septembre, et les mesures de l’inflation fondamentale restent proches de 2 %.
  • Cela dit, les pressions sur les coûts s’intensifient, les prix élevés du carburant faisant monter les coûts de production et de transport
  • Les prix des intrants industriels et des composants électroniques importés se sont aussi accrus
  • Les entreprises ont absorbé une bonne partie de ces coûts plus élevés jusqu’à présent, mais les enquêtes de la Banque donnent à penser qu’elles en transmettront une plus grande part à leur clientèle au cours de la prochaine année

Rendement de l’économie canadienne

  • Au Canada, la croissance s’est redressée en milieu d’année. La croissance du PIB était de 3,3 % au deuxième trimestre, et les indicateurs récents laissent entrevoir qu’elle sera d’à peu près 2 % au troisième trimestre, ce qui est plus élevé que prévu dans le Rapport de juillet de la Banque
  • Les dépenses de consommation ont été solides, malgré la « lenteur de la croissance démographique »
  • Les investissements des entreprises ont rebondi sous l’effet de l’activité dans le secteur pétrolier et gazier ainsi que des dépenses en machines et matériel
  • En dépit de la faiblesse persistante dans les secteurs touchés par les droits de douane américains, les exportations se sont raffermies dans l’ensemble, compte tenu de la robustesse de la demande en provenance des États-Unis, de la production plus élevée d’énergie et des signes croissants montrant que les entreprises s’adaptent à l’évolution du contexte commercial

Emploi et taux de change au Canada

  • Le taux de chômage se maintient autour de 6,5 % depuis plusieurs mois, et un large éventail d’indicateurs laisse croire qu’il subsiste une certaine offre excédentaire dans l’économie
  • Le dollar canadien s’était quelque peu affaibli à cause de la vigueur du dollar américain, mais il s’est redressé par la suite pour s’établir à environ 71 cents, soit le même niveau que celui postulé dans le Rapport de juillet de la Banque

Commentaire sur l’économie mondiale, incluant les rendements obligataires

  • Les conditions financières mondiales se sont resserrées depuis juillet
  • Les rendements des obligations d’État des économies avancées sont plus élevés
  • Depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire de juillet, l’activité économique mondiale est demeurée résiliente, malgré les prix plus élevés de l’énergie
  • Aux États-Unis, la croissance économique se poursuit à un rythme robuste, portée par les dépenses de consommation et les investissements liés à l’IA
  • Dans la zone euro, la croissance a été résiliente et généralisée
  • En Chine, elle a rebondi au troisième trimestre après avoir ralenti au trimestre précédent, poussée par la vigueur des exportations et un redressement des dépenses publiques
  • En raison des prix du pétrole et des marges des raffineries qui demeurent élevés, l’inflation a augmenté dans la plupart des pays
  • Les marchés boursiers et les marchés du crédit ont été volatils en raison de l’incertitude qui entoure les perspectives du secteur de l’IA

Justification de la décision d’aujourd’hui

En commentant sa décision de relever son taux directeur, la BdC a fait plusieurs commentaires :

  • L’inflation est plus élevée et plus persistante qu’on l’anticipait dans le Rapport de juillet
  • La croissance s’est redressée cette année et devrait se raffermir encore
  • Dans ce contexte, le Conseil de direction a décidé de relever le taux directeur pour réduire le risque que la persistance des prix élevés de l’énergie se propage de façon généralisée aux prix d’autres biens et services

Perspectives pour le marché immobilier ainsi que pour les économies canadienne et mondiale

En raison de nouveaux droits de douane américains, la croissance devrait ralentir au quatrième trimestre de 2026, avant de reprendre en 2027. Ce rebond est alimenté par les investissements des entreprises, les exportations et des mesures budgétaires. On s’attend à ce que la croissance de la consommation se modère et à ce que l’activité sur le marché du logement reste relativement faible.

La Banque s’attend à ce que l’économie canadienne affiche une croissance de 1 % en 2026, puis de 2 % en 2027 et en 2028. Cette projection de la croissance globale est un peu plus forte que ce qui était anticipé dans le Rapport de juillet de la Banque. Toutefois, dans sa déclaration, la Banque fait valoir que « [c]ette prévision reste empreinte d’une incertitude considérable, surtout en ce qui concerne les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. »

Le conflit au Moyen-Orient en est maintenant à son huitième mois et il n’y a pas de voie de résolution claire. Ensemble, le maintien des prix de l’énergie à un niveau plus élevé et la transmission accrue des coûts renforcent la persistance de l’inflation dans la projection.

On s’attend à ce que l’inflation mesurée par l’IPC s’établisse en moyenne à 3 % en 2027, ce qui dépasse d’un point de pourcentage la projection de juillet, avant de descendre à 2 % au milieu de 2028. L’évolution de la situation au Moyen-Orient et la façon dont les entreprises réagiront aux pressions sur les coûts sont les principales sources d’incertitude entourant cette projection. Étant donné la résilience continue de l’économie mondiale, la Banque a légèrement revu à la hausse sa prévision pour la croissance du PIB mondial pour 2026, la faisant passer à 3,1 %, alors que le taux de croissance prévu pour 2027 et 2028 – soit 3,2 % – demeure inchangé par rapport à la projection de juillet.

Perspectives en matière de taux d’intérêt

La Banque a avoué qu’« [i]l pourrait être nécessaire d’augmenter davantage le taux directeur » après l’annonce d’aujourd’hui. Elle a cependant ajouté que « vu les incertitudes actuelles, le Conseil [de direction] a convenu de procéder avec prudence. »

Une fois de plus, la Banque a réitéré qu’elle reste déterminée à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix.

À venir

La Banque prendra sa dernière décision de 2026 concernant son taux directeur le 9 décembre prochain. First National publiera son sommaire à la suite de l’annonce. Entre-temps, veuillez consulter ce site Web pour d’autres renseignements importants.