Note sur les marchés : rapport trimestriel – avril 2026
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- avr. 21, 2026
- Financière First National SEC
Le malaise qui afflige l’immobilier résidentiel au Canada force les analystes à revoir leurs prévisions à la baisse. Les craintes d’inflation et les inquiétudes concernant des hausses des taux d’intérêt semblent écarter des acheteurs prudents du marché.
Les ventes ralentissent
L’Association canadienne de l’immobilier (ACI) a compilé ses chiffres du premier trimestre et revoit à la baisse ses estimations pour cette année et l’année prochaine. L’ACI projette maintenant que le nombre de propriétés qui changeront de mains en 2026 augmentera d’environ 1,0 % par rapport à 2025 pour atteindre 475 000. Il s’agit d’une baisse marquée par rapport à l’augmentation de 5,1 % qu’elle prévoyait à la fin de l’an dernier.
L’essentiel de l’activité pour 2026 devrait se concentrer en Colombie-Britannique (Vancouver) et en Ontario (Toronto). L’ACI envisage que ce sont les marchés qui sont les plus susceptibles de se redresser. Dans les autres provinces, les ventes ne devraient augmenter que modestement, voire diminuer, en raison principalement du ralentissement de la croissance démographique.
Les prix s’assouplissent
Les estimations des prix des maisons ont également été revues à la baisse. L’ACI prévoit que le prix moyen d’une propriété à l’échelle nationale augmentera de 1,5 % pour s’établir à 689 000 $. Il s’agit d’une baisse par rapport à l’augmentation de 2,8 % qu’elle prévoyait à la fin de l’an dernier. L’ACI affirme que la croissance des prix sera contenue par l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario. Pratiquement aucune augmentation n’est attendue dans ces trois provinces. Dans le reste du pays, la croissance des prix devrait se situer entre 3,0 % et 5,0 %.
Perspectives pour 2027
Quant à 2027, l’ACI prévoit une augmentation des ventes de 2,1 % par rapport à 2026 et une hausse de 0,9 % du prix moyen national d’une propriété, qui s’établira à 695 000 $.
Il s’agit là encore d’une réduction marquée par rapport aux prévisions précédentes, qui tablaient sur des augmentations de 3,5 % des ventes et de 2,3 % des prix.
Inflation et taux d’intérêt
L’ACI repose ses prévisions en grande partie sur l’idée que la demande refoulée commencera à affluer dans le marché lorsque les prix se stabiliseront et que les taux d’intérêt atteindront un plancher. Cependant, les prix ont continué à baisser et les problèmes énergétiques provoqués par la guerre en Iran alimentent les craintes d’inflation. C’est ce qui crée des attentes de hausses des taux d’intérêt. L’ACI estime que nombre d’acheteurs potentiels considèrent que les hausses de taux arriveront à court terme et qu’ils sont prêts à patienter.
« Si la hausse des taux hypothécaires devrait (sic!) à elle seule freiner les ventes, l’idée que le choc pétrolier pourrait être de courte durée incitera probablement aussi de nombreux acheteurs à attendre que les taux redescendent, ce qui freinera encore davantage les ventes à la période la plus intense de l’année pour les marchés immobiliers », a précisé l’ACI dans ses prévisions.
Nouvelles constructions
Les plus récents chiffres pour la construction de logements neufs montrent également un recul. La Société canadienne d’hypothèques et de logement signale que les mises en chantier ont chuté de 6,0 % en mars par rapport à février.
Le taux annuel désaisonnalisé des mises en chantier s’établit désormais à un peu moins de 236 000 unités. En 2025, il y a eu construction de 259 000 nouveaux logements.
Selon la SCHL, le Canada a besoin de 4,8 millions de logements de plus au cours de la prochaine décennie pour atteindre les objectifs en matière d’abordabilité. Pour y arriver, il faudra donc construire quelque 480 000 logements par année.
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