Note sur les marchés : le marasme des mises en chantier – mars 2026

  • Financière First National SEC

Les mises en chantier au Canada se sont améliorées en février, augmentant de 4,5 % pour atteindre un taux annuel désaisonnalisé de 251 000 unités, par rapport à 240 000 unités en janvier. 

Toutefois, vu la volatilité de statistiques mensuelles, la Société canadienne d’hypothèques et de logement, qui suit les mises en chantier, utilise une moyenne mobile sur six mois afin d’atténuer les sommets et les creux. Ce chiffre montre une augmentation très modeste de 0,4 %, à 256 000 mises en chantier. 

« En février, la tendance sur six mois des mises en chantier d’habitations était essentiellement stable, signe que la tendance de la construction résidentielle demeure relativement constante malgré la volatilité mensuelle persistante », a déclaré Kevin Hughes, économiste en chef adjoint à la SCHL. 

Une histoire de deux marchés

Si l’on considère l’ensemble de l’offre de logements au Canada, la SCHL estime que deux situations se dessinent. 

Le plus récent Rapport sur l’offre de logements de la SCHL fait état d’une solide augmentation de 6,0 % des mises en chantier l’an dernier, sous l’impulsion de la construction de logements locatifs. Si cette situation est favorable aux locataires, en particulier dans les plus grands marchés du Canada, elle semble s’être produite aux dépens des gens ceux qui cherchent à s’acheter un logement. 

« À première vue, les mises en chantier d’habitations ont été assez fortes l’an dernier. Elles ont dépassé celles de 2024. La vigueur de l’activité s’explique par les niveaux historiques atteints par les mises en chantier et les achèvements de logements locatifs, a déclaré Tania Bourassa-Ochoa, économiste en chef adjointe à la SCHL. 

Cependant, la croissance de l’offre de logements pour propriétaires-occupants, en particulier dans le segment des copropriétés, demeure nettement ralentie par la baisse des ventes sur plan. À moyen terme, cette situation menace la disponibilité et l’abordabilité des propriétés résidentielles pour la population canadienne. » 

Signes d’un futur resserrement

La SCHL définit une « mise en chantier » comme le moment où la semelle d’une fondation est coulée. Cela signifie que la construction repose sur des décisions ayant été prises de 12 à 18 mois plus tôt, ce qui fait des statistiques sur les mises en chantier un indicateur dit « tardif ». Un ralentissement des mises en chantier aujourd’hui pourrait être le signe d’un resserrement futur de l’offre de logements neufs destinés aux premiers acheteurs. 

L’incertitude économique persistante – attribuable à la politique commerciale erratique des États-Unis et à la guerre en Iran qui augmentent les coûts de construction – ainsi que la baisse des niveaux d’immigration et l’augmentation des stocks invendus pèseront probablement sur la décision des constructeurs d’aller de l’avant avec de nouveaux projets. 

Le marché de la revente se resserre, mais est équilibré

Le marché de la revente de logements reste actif, mais montre des signes de resserrement à l’approche de la saison des achats du printemps. Les nouvelles inscriptions ralentissent depuis quelques mois et une contraction de 3,9 % par rapport à janvier a été enregistrée en février. 

L’Association canadienne de l’immobilier indique que le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’établit désormais à 47,6 %, contre une moyenne à long terme de 55 %, ce qui est conforme aux conditions d’un marché du logement équilibré.