La Banque du Canada maintient sa politique de taux d’intérêt à l’approche du printemps

  • Financière First National SEC

La Banque du Canada accueille le printemps en maintenant son taux directeur à 2,25 %. Cette décision était largement attendue par les économistes malgré certains changements très récents dans les indicateurs économiques utilisés par la Banque dans le cadre de ses délibérations. Vous trouverez ci-dessous un résumé des observations et de la logique de la Banque.

Performance économique du Canada

  • Le PIB du Canada s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre de 2025.
  • Ce résultat a été plus faible que prévu lors de la publication du Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier, principalement en raison d’une réduction des stocks plus importante que prévu.
  • La demande intérieure a augmenté de plus de 2 % grâce à la vigueur des dépenses de consommation et des dépenses publiques, même si les marchés immobiliers sont demeurés faibles.
  • Le marché du travail canadien demeure fragile. Les gains d’emploi du quatrième trimestre de 2025 ont été largement effacés durant les deux premiers mois de 2026, et le taux de chômage a atteint 6,7 % en février.

Inflation canadienne et perspectives

  • L’inflation, mesurée par l’Indice des prix à la consommation (IPC), « s’est encore atténuée » pour atteindre 1,8 % en février, en baisse par rapport à 2,3 % en janvier.
  • L’IPC hors taxes indirectes ainsi que les mesures de l’inflation fondamentale ont également baissé et sont toutes « proches » de 2 %.
  • L’inflation alimentaire a ralenti en février, mais demeure élevée.
  • La forte hausse des prix mondiaux de l’énergie a entraîné une augmentation des prix de l’essence, ce qui fera grimper l’inflation totale dans les mois à venir.

Marchés obligataires, écarts de crédit et taux de change

  • Les rendements obligataires mondiaux ont augmenté, les prix des marchés boursiers ont diminué et les écarts de crédit se sont élargis.
  • Le taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain est demeuré relativement stable.

Conjoncture économique mondiale

  • Avant la guerre au Moyen‑Orient, l’économie mondiale était en voie de croître d’environ 3 %, comme prévu dans le RPM de janvier.
  • La croissance économique aux États-Unis s’est modérée mais demeure « solide », soutenue par la consommation et des investissements importants liés à l’IA.
  • L’inflation américaine demeure au‑dessus de la cible et a évolué globalement comme prévu.
  • Dans la zone euro, la demande intérieure soutient la croissance alors que les exportations se contractent.
  • L’économie chinoise continue d’être stimulée par la vigueur des exportations, mais la demande intérieure demeure faible.

La guerre au Moyen‑Orient accroît la volatilité; trop tôt pour évaluer l’impact pour le Canada

La Banque souligne que la volatilité accrue des prix mondiaux de l’énergie et des marchés financiers, causée par la guerre au Moyen‑Orient, a « augmenté les risques pour l’économie mondiale ». L’ampleur et la durée du conflit — et donc ses répercussions économiques — demeurent « très incertaines ». Par conséquent, la Banque estime qu’il est trop tôt pour évaluer l’impact du conflit au Moyen‑Orient sur la croissance au Canada.

Justification de la décision d’aujourd’hui et perspectives

Pour expliquer sa décision de maintenir son taux directeur, la Banque du Canada a souligné plusieurs points :

  • Depuis le début du conflit au Moyen‑Orient, les prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel ont fortement augmenté, ce qui alimentera l’inflation mondiale à court terme.
  • En plus des perturbations dans l’approvisionnement en énergie, les goulets d’étranglement du transport liés à la fermeture effective du détroit d’Hormuz pourraient perturber l’approvisionnement d’autres produits de base, comme les engrais.
  • Les conditions financières se sont resserrées par rapport à des niveaux accommodants.

Dans ce contexte général, le Conseil de direction de la Banque du Canada a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. Compte tenu des données récentes indiquant une activité économique plus faible et un niveau d’incertitude élevé, les risques pesant sur la croissance semblent « orientés à la baisse ». Parallèlement, les risques d’inflation ont augmenté en raison de la hausse des prix de l’énergie. La Banque a indiqué qu’elle continuera d’évaluer l’impact des tarifs américains et de l’incertitude entourant la politique commerciale, ainsi que la manière dont l’économie canadienne s’adapte. Elle surveillera également de près l’évolution du conflit au Moyen‑Orient et évaluera ses effets sur la croissance et l’inflation.

La Banque a ajouté qu’elle s’attend toujours à ce que l’économie canadienne « croisse modestement » alors qu’elle s’adapte aux tarifs américains et à l’incertitude commerciale. Toutefois, elle reconnaît que « les données récentes suggèrent que la croissance économique à court terme sera plus faible qu’anticipé en janvier ». En faisant abstraction de la volatilité, elle dit également que les données récentes laissent entrevoir une faiblesse persistante des exportations.

Derniers commentaires

La Banque a affirmé que, à mesure que les perspectives évolueront, « nous sommes prêts à réagir au besoin » et réitère son engagement à faire en sorte que les Canadiens « continuent d’avoir confiance dans la stabilité des prix durant cette période de bouleversements mondiaux ».

À venir

La prochaine annonce du taux directeur de la Banque est prévue pour le 29 avril. Le sommaire exécutif de First National suivra. D’ici là, veuillez consulter la page Ressources de ce site pour d’autres analyses importantes.