Note sur les marchés: Scrutons de plus près les premiers acheteurs – août 2025

  • Financière First National SEC
Le plus récent rapport trimestriel de l’agence de surveillance du crédit Equifax suggère que les titulaires d’un prêt hypothécaire pourraient plus facilement faire face à des pressions financières que les consommateurs sans hypothèque. 

L’endettement total des consommateurs canadiens a atteint 2 580 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2025, ce qui représente une hausse de 3,1 % par rapport à la même période un an plus tôt. La dette moyenne par consommateur, excluant les prêts hypothécaires, atteint 22 500 $. 

Comportement de paiements 
Au total, 1,4 million de Canadiens ont omis de faire un paiement au cours du deuxième trimestre de l’année en cours. C’est 7 000 de moins qu’au premier trimestre, mais c’est 118 000 de plus qu’au deuxième trimestre de 2024. 

Parmi ceux ayant manqué un paiement, 1 sur 19 n’était pas titulaire d’un prêt hypothécaire. Ceux qui avaient un prêt hypothécaire ont manqué un paiement dans une proportion de 1 sur 37. Autrement dit, les consommateurs non titulaires d’un prêt hypothécaire ont manqué un paiement presque deux fois plus souvent que les titulaires d’un prêt hypothécaire. 

Les écarts financiers se creusent 
En 2019, le nombre de personnes n’ayant aucun prêt hypothécaire et n’ayant pas manqué un paiement de crédit correspondait à environ 45 % des titulaires d’un prêt hypothécaire ayant manqué un paiement. Au deuxième trimestre de 2025, cette proportion a atteint 96 %. 

« Nous continuons de constater un fossé croissant entre les détenteurs d’un prêt hypothécaire et les consommateurs sans prêt hypothécaire, ainsi qu’une pression financière continue chez les jeunes Canadiens, qui font face à un marché du travail plus lent et à une hausse des coûts », a affirmé Rebecca Oakes, vice-présidente à Equifax Canada. 

Les membres de la génération Z et les millénariaux éprouvent des difficultés 
Les consommateurs âgés de moins de 36 ans semblent être les plus confrontés à des pressions financières. 

« La crise de l’abordabilité semble frapper le plus durement les jeunes consommateurs », d’ajouter Mme Oakes. Entre la hausse des coûts, l’incertitude liée à l’emploi et l’accès limité au crédit abordable, beaucoup peinent simplement à rester à flot. » 

Les membres de la génération Z et de la génération du millénaire traînent une dette non hypothécaire moyenne de plus de 14 000 $ et affichent des taux de défaillance parmi les plus élevés pour les cartes de crédit et les prêts automobiles. 

Au sein de ce groupe, 2,35 % avaient un solde impayé de plus de 90 jours au deuxième trimestre. Ce pourcentage n’est pas extraordinairement élevé, mais il représente néanmoins une augmentation de près de 20 % par rapport au deuxième trimestre de 2024. 

Prêts hypothécaires 
La prétendue « falaise hypothécaire » à laquelle les acheteurs de logements étaient censés être confrontés – au moment de renouveler leur prêt à des taux beaucoup plus élevés que les taux extrêmement bas qu’ils avaient obtenus pendant la pandémie – s’est avérée être plutôt une « courbe hypothécaire », comme l’a fait remarquer un observateur du marché. 

Néanmoins, les renouvellements exercent une forte influence sur le marché hypothécaire et expliquent en grande partie l’augmentation de 15,3 % des nouvelles originations au deuxième trimestre. 

À l’échelle du pays, le nombre d’acheteurs d’une première habitation a augmenté de 1,8 %. Les montants de leurs prêts ont augmenté de 4,0 % pour atteindre une moyenne de 430 000 $. Toutefois, les principaux marchés et les marchés les plus actifs – à savoir l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario – ont tous enregistré une baisse du nombre d’acheteurs d’une première habitation. 

Des pressions financières demeurent 

D’une manière générale, Equifax constate « des signes précoces de stabilisation du rendement du crédit à la consommation », mais Rebecca Oakes reconnaît qu’il reste des défis à relever. 

« Les taux d’arriérés semblent plafonner, mais il ne faut pas crier victoire trop vite. Les coûts élevés des véhicules, l’inflation alimentaire et les pressions économiques régionales – surtout en Ontario et en Alberta – continuent de peser sur les ménages canadiens. Alors que les jeunes consommateurs sont aux prises avec un marché du travail difficile et une dette croissante, nous nous attendons à ce que le rendement du crédit demeure un enjeu clé pour les jeunes consommateurs pendant la deuxième moitié de l’année », a conclu Mme Oakes.