Confrontés à l’insécurité alimentaire : notre témoignage de première main sur l’aide que nous avons apportée à Deuxième Récolte
Deuxième Récolte est le plus grand organisme de récupération alimentaire au Canada ainsi qu’un partenaire caritatif officiel de First National aide, notre programme de dons à la collectivité.
Mais où – et comment – aboutit toute cette nourriture récupérée? Quatre membres de notre équipe de Toronto – Conor Walsh, Linda Craenen, Adwoa Essumang et Maria Broekhof – l’ont découvert en prenant part à des « trajets en camion » de Deuxième Récolte. Ces membres ont ainsi pu constater l’incidence directe des efforts déployés par Deuxième Récolte pour servir les communautés les plus vulnérables de la municipalité. Voici leurs histoires.
Le point de départ
Pour Deuxième Récolte, la journée commence tôt, soit dès que les camions sont chargés d’excédents alimentaires nutritifs. Chaque chauffeur se voit attribuer un itinéraire, chaque itinéraire comporte des arrêts définis et chaque arrêt, qu’il s’agisse d’une banque alimentaire, d’une église ou d’un centre communautaire, nécessite des quantités et des types de nourriture qui varient d’un endroit à l’autre.
Conor est arrivé à l’entrepôt de Deuxième Récolte à temps pour participer à un rituel matinal : une séance d’étirements et un ralliement de motivation pour les chauffeurs et les coordonnateurs. Après avoir été présenté, Conor s’est vu assigner à son chauffeur. « Santiago m’a expliqué l’itinéraire que nous allions emprunter dans le sud-est du centre-ville. J’habite le centre-ville et je le connais bien, mais, lorsque nous avons pris la route, ça m’a ouvert les yeux de constater les besoins qui existent au sein de ma propre communauté. »
Parmi les arrêts sur l’itinéraire de Conor figurait la banque alimentaire St Ann Parish, fondée par un paroissien et desservant aujourd’hui des centaines de personnes chaque mois. D’autres arrêts incluaient le Moss Park Market, situé dans un quartier affichant un taux de pauvreté de 30 %, où l’on paie ce que l’on a les moyens de payer, ainsi que Friends of Ruby, un espace sûr pour les jeunes de la communauté 2SLGBTQIA+.
First National est associée à Friends of Ruby par des dons de vêtements et des collectes de denrées alimentaires, mais, pour Conor, cette expérience pratique s’est avérée différente, car elle a mis en évidence l’importance du soutien « pour assurer que les jeunes ont un repas chaud après avoir vécu des difficultés et de l’ostracisme ».
« Ce qui m’a frappé lors de cet arrêt, c’est la popularité des repas rapides surgelés, affirme Conor. Ces repas sont très appréciés des enfants parce qu’ils peuvent être réchauffés sur une plaque chauffante ou à l’aide d’une bouilloire. Je trouve extraordinaire que Deuxième Récolte comprenne ce qui fonctionne pour les personnes qui fréquentent les banques alimentaires et les refuges et soit en mesure de venir en aide à des personnes dans le besoin en leur proposant une variété d’aliments nutritifs et adaptés à l’occasion. »
Malgré une coordination efficace des itinéraires et des arrêts, l’arrêt de Conor au Newcomer Women’s Services ne s’est toutefois pas déroulé exactement comme prévu. Santiago s’était fait dire que le bureau était fermé pour l’Action de grâces. Ne se laissant pas décourager, le duo a cogné, une porte s’est ouverte et « nous avons pu y déposer des tonnes de légumes et de fruits frais. Ça a démontré la valeur de la patience et de la persévérance. »
Le dernier mille
Adwoa ne connaissait rien de Deuxième Récolte avant de se porter volontaire pour un tri de denrées alimentaires en compagnie de ses collègues de First National. En voyant le dernier mille de distribution, accompagnée d’Hector, son chauffeur pour la journée, elle s’est rendu compte de la nature vitale de l’effort de récupération alimentaire.
« Je n’oublierai jamais Hector. Lorsque je suis montée dans le camion, il m’a présenté une reliure remplie de récits et de photos de tous les arrêts qu’il a effectués le long de son itinéraire pendant une dizaine d’années. Pendant que je parcourais la reliure, Hector a répondu à mes questions et ça m’a vraiment aidé à mieux comprendre l’expérience que j’étais sur le point de vivre ainsi que l’incidence que nous allions avoir. Hector est un homme tellement attentionné qu’il connaît le nom de chaque personne à chaque refuge et à chaque banque alimentaire que nous avons visités. »
Hector a fait neuf arrêts ce jour-là et, à la fin, le camion était vide et Adwoa était épuisée – physiquement et émotionnellement. Adowa avoue avoir eu peur lorsque le chauffeur a temporairement laissé le camion à un endroit, mais elle a participé avec entrain au déchargement lors de son retour.
« Nous nous sommes rendus près du Marché Kensington, et c’était manifeste qu’il y avait là beaucoup de toxicomanie et de sans-abrisme, explique Adwoa. Il y avait également un réel besoin de nourriture, comme en témoignait la file d’attente à l’extérieur de la banque alimentaire. Tout le monde a été servi. Deuxième Récolte savait exactement ce dont chaque installation avait besoin et a livré la marchandise. »
Boucler la boucle
Pour Linda, son trajet en camion lui a permis de boucler la boucle en tant que bénévole. « À Vancouver, le site de Deuxième Récolte se trouve juste en haut de la colline d’une banque alimentaire, de sorte que nos bénévoles de First National apportent les sacs à collation qu’ils préparent directement là où ils sont consommés. Ce n’est pas le cas à Toronto, et mon trajet [en camion] m’a donc donné l’occasion de constater de mes yeux la valeur et l’importance de nos efforts de tri et d’emballage de denrées alimentaires à l’autre bout de la ligne. »
Linda a vécu une expérience viscérale, d’autant plus que le trajet en camion l’a emmenée dans son propre quartier et lui a démontré la gentillesse et la bienveillance de tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement en excédents alimentaires. « J’ai entendu mes collègues faire la même affirmation. Cette expérience a changé ma vision de qui est un travailleur pauvre. Ce n’est pas forcément la personne que vous pensez. »
Linda a été impressionnée par les efforts déployés pour faire en sorte que les bénéficiaires des dons de denrées alimentaires sentent que leur dignité est respectée. « Pour les personnes qui ont subi de mauvais traitements, un refuge offre un abri, alors que Deuxième Récolte est une bouée de sauvetage, dit Linda. Avant de participer à la distribution de denrées alimentaires, je ne savais pas qu’il y avait un refuge pour femmes dans mon quartier. C’est un espace très sécuritaire pour les femmes victimes de violence domestique. Mais ça m’a aussi rappelé la nature diversifiée des besoins au sein même de nos collectivités et l’importance de travailler ensemble pour apporter une aide très directe. »
Confrontée à l’insécurité alimentaire
Dans le cas de Maria également, le trajet en camion l’a confrontée à l’insécurité alimentaire vécue dans son propre quartier.
« J’ai demandé à une banque alimentaire de me faire visiter ses locaux et on m’a expliqué que son mandat était de devenir en aide aux familles, explique-t-elle. Un autre refuge que nous avons visité s’occupe de personnes âgées vivant seules. Un troisième était un centre pour Canadiens autochtones. Ce qui m’a frappée, c’est que les denrées alimentaires que nous avons distribuées correspondaient exactement aux besoins de chaque bénéficiaire. Il y avait des colis alimentaires pour les familles de quatre, des colis pour les familles de cinq et des repas sur mesure pour les personnes âgées. C’était incroyablement réfléchi et ça témoignait d’une très grande sensibilité culturelle. »
Maria a été impressionnée par la qualité des denrées alimentaires livrées. « L’idée de denrées alimentaires récupérées peut sembler peu appétissante, mais les denrées sont très fraîches et aucunement altérées. J’encourage tout le monde à se renseigner sur le concept des dates de péremption, car les Canadiens jettent tellement d’aliments parfaitement comestibles sur la base de ce concept. Notre pays se classe environ au troisième rang mondial pour ce qui est du gaspillage alimentaire. La redirection par Deuxième Récolte d’excédents alimentaires vers les personnes qui en ont besoin est vraiment une excellente utilisation de ressources qui permet également de réduire la production de gaz à effet de serre. »
C’est dans notre nature
Porter attention aux autres est un geste tout à fait naturel pour les employés de First National, que ce soit au travail ou encore au sein des communautés où ils vivent. C’est pourquoi nous appelons notre programme de dons First National aide.
Nous remercions Deuxième Récolte d’avoir permis à nos équipes d’un bout à l’autre du pays de faire une différence. En partenariat avec cette organisation vitale, nous avons hâte de montrer davantage ce qui est dans notre nature en 2026.
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